Mon enfant a des problèmes de vue

Mon enfant a des problèmes de vue
Un petit ne se rend pas toujours compte des défaillances de sa vision. Or, une détection précoce en facilite la correction.
Bébé, à la naissance, distingue vaguement les formes, mais pas les couleurs. Sa vue est 30 fois moins développée que celle d’un adulte. Sa vision s’améliore progressivement pour arriver à maturité vers 6 ans. Parce que 80% de son apprentissage passe par la vue, il est important de s’assurer avant cet âge qu’il ne souffre pas de troubles oculaires. Il faut même redoubler de vigilance lorsque l’un ou les deux parents sont touchés par une anomalie de la vue. En effet, 30 % des défauts visuels de l’enfant sont génétiques. Détectées avant qu’il entre au cours préparatoire, ses déficiences peuvent être corrigées. Mais plus on tarde à repérer ses troubles, plus il sera difficile de lui faire recouvrer une vision normale. Et quand on sait qu’un enfant sur 4 qui entre en primaire présente un trouble visuel, mieux vaut faire un bilan avant l’entrée à l’école, au risque qu’il ne parvienne pas à apprendre à lire et à écrire correctement.
 
LIRE DANS SON REGARD

Pas facile de décrypter l’acuité visuelle d’un enfant, surtout lorsqu’il est tout petit. Et pour cause : un enfant se plaint rarement de problèmes de vision puisque pour lui, il voit normalement et ignore que sa vue est déformée. Il revient donc à ses parents de surveiller son comportement et de s’alerter si ses yeux sont souvent rouges et larmoyants, s’il réagit fortement à la lumière, si son regard est systématiquement tourné du même côté ou s’il se cogne et tombe sans raison. Quant aux plus grands, il faut s’inquiéter lorsqu’ils plissent les yeux pour lire ou jouer, qu’ils peinent à apprendre les couleurs ou se plaignent fréquemment de maux de tête.
 
ÉCRANS OU LECTURE : AVEC MODÉRATION

Dire que la télévision, les tablettes ou les jeux vidéo dégradent l’acuité visuelle n’est pas une vérité absolue. En effet, ce sont toutes les activités qui sollicitent seulement la vision de près qui doivent être mises en cause. Les écrans sont nuisibles, bien sûr, mais aussi la lecture ou le coloriage abusifs, sans temps de repos visuel et pratiqués sous un éclairage trop sombre ou non homogène. Partant de là, il est conseillé aux parents d’inciter les enfants à alterner vision de près et vision de loin. Surtout quand ils rentrent de l’école ! Après avoir déjà passé beaucoup de temps le nez sur leurs cahiers, mieux vaut éviter qu’ils se fatiguent davantage les eux.
 
COMMENT CHOISIR SES LUNETTES ?

Le diagnostic de l’ophtalmologiste a établi que la vision de votre enfant nécessite le port de lunettes correctrices ? Pour les aider à accepter cet « accessoire », les montures doivent bien sûr être adaptées à la morphologie de son visage. Son nez n’ayant pas encore d’arête bien définie, votre choix se portera sur une monture possédant un coussin nasal amortisseur, en silicone, antidérapant et antiallergique. Avant l’âge de 1 an, les branches devront être en plastique et extraplates, afin de rester en place même quand bébé est en position allongée. En ce qui concerne les verres, seuls les organiques, résistants aux chocs, sont autorisés chez les enfants.

Véronique AIACHE

BES 343

juillet-aout 2017